Quels sont les différents types de pollution de l’eau ? D’où viennent-ils, et quelles en sont les conséquences ? Ce cours fait le tour de la question… et des solutions.
⏱ Durée : 12 minutes · Niveau : collège / lycée
À la fin de ce cours, vous saurez :
- reconnaître les trois grands types de pollution de l’eau ;
- identifier leurs principales sources : domestique, industrielle, agricole et maritime ;
- décrire leurs conséquences et les solutions pour les réduire.
Définition de la pollution de l’eau
L’eau est indispensable à la vie. Pour répondre aux besoins des êtres humains et de l’environnement, elle doit être de bonne qualité. La pollution de l’eau, c’est une dégradation de cette qualité, qui peut rendre l’eau dangereuse pour l’être humain et pour la vie aquatique. Elle peut toucher les eaux de surface (rivières, lacs, mer) comme les eaux souterraines.
L’Union européenne juge la qualité d’une eau selon deux critères :
Le bon état écologique
Le milieu fonctionne bien. On l’évalue grâce à la diversité de la faune et de la flore aquatiques.
Le bon état chimique
L’eau contient peu de substances toxiques. On l’évalue en mesurant ces polluants.
Les trois grands types de pollution
1. Bactériologique
Des bactéries issues surtout des rejets d’eaux usées non traitées, qui contiennent de la matière fécale et des déchets organiques.
2. Chimique
Des produits chimiques venant des eaux usées : produits d’entretien, hydrocarbures, métaux lourds…
3. Par les déchets
« Tout matériau ou objet fabriqué […] qui est directement ou indirectement jeté ou abandonné dans les milieux aquatiques. »
On distingue aussi la pollution ponctuelle, qui vient d’un endroit précis et facile à localiser (le rejet d’une usine, par exemple), et la pollution diffuse, qui vient de nombreuses sources peu visibles et dont l’origine est difficile à trouver.
Les différentes sources de pollution
Ces pollutions ont quatre grandes origines, auxquelles s’ajoutent les pollutions accidentelles, involontaires et ponctuelles.
1. La pollution domestique
Elle est surtout liée aux eaux usées de nos maisons :
- L’eau du quotidien (toilettes, cuisine, douche…) contient des déchets organiques et de la matière fécale. Les habitations mal raccordées, ou pas raccordées du tout, au réseau d’assainissement peuvent provoquer une pollution bactériologique.
- Les produits ménagers contiennent des substances chimiques nocives pour l’environnement. Mélangés à l’eau, ils finissent dans les canalisations ou dans la nature. Les stations d’épuration ont du mal à les éliminer, et leurs résidus se retrouvent dans les cours d’eau.
2. La pollution industrielle
Elle varie selon le secteur d’activité :
- Les usines de papier, par exemple, utilisent de grandes quantités de produits chimiques. Malgré l’obligation de traiter leurs eaux usées, certaines substances sont difficiles à éliminer et se retrouvent dans l’environnement.
- Les industries agroalimentaires (conserveries, coopératives…) rejettent beaucoup de matière organique. Elle enrichit le milieu en nutriments et contribue à l’eutrophisation.
3. La pollution agricole
- Les pesticides et les engrais chimiques provoquent une pollution chimique.
- L’épandage massif d’engrais naturels, comme le fumier, peut causer une pollution bactériologique.
Avec le cycle de l’eau, ces substances s’infiltrent dans le sol ou ruissellent jusqu’aux rivières, puis jusqu’à la mer.
4. La pollution liée au transport maritime
Le transport maritime provoque surtout des pollutions chimiques, en particulier des rejets d’hydrocarbures, volontaires ou accidentels, directement dans l’océan. Les marées noires en sont l’exemple le plus frappant.
👉 Pour aller plus loin : lire le cours Ocean Campus sur l’impact du transport maritime

📌 À retenir
- Trois types de pollution : bactériologique, chimique et par les déchets.
- Quatre grandes sources : domestique, industrielle, agricole et maritime.
- Ce qui pollue une rivière finit souvent dans la mer.
Les conséquences de la pollution de l’eau
La pollution de l’eau a trois grands types de conséquences :
1. Sur la nature
Le bon fonctionnement des écosystèmes aquatiques dépend de la qualité de l’eau, et leur équilibre est très fragile. La pollution dégrade les milieux et peut faire disparaître certaines espèces.
2. Sur la santé
La pollution bactériologique peut rendre malades les baigneurs et les pratiquants d’activités nautiques : otites, gastro-entérites, éruptions cutanées… Les risques liés à la pollution chimique sont moins bien connus, et donc plus difficiles à détecter.
3. Sur l’économie
Des huîtres contaminées peuvent être interdites à la vente, comme sur le bassin d’Arcachon. Une plage fermée pour pollution attire moins de touristes. Un milieu appauvri perd de son attrait.
🔬 Zoom sur les marées vertes
Les engrais agricoles qui arrivent dans la mer ont le même effet sur certaines algues que sur les plantes d’un champ : ils les font pousser. En Bretagne, ce surplus de nutriments provoque la prolifération d’algues vertes qui envahissent les plages : c’est ce qu’on appelle une marée verte, un exemple d’eutrophisation.

Autre exemple : les hormones de synthèse, utilisées dans l’élevage et dans certains médicaments, se retrouvent dans l’eau. Elles provoquent la féminisation de certaines espèces aquatiques, comme des poissons ou des reptiles.
Les solutions pour lutter contre la pollution de l’eau
Pour réduire la pollution de l’eau, l’action collective et l’action individuelle sont complémentaires.
Ce que font les pouvoirs publics
- Contre la pollution domestique : les stations d’épuration sont remises aux normes et leurs méthodes de traitement améliorées.
- Contre la pollution industrielle : des normes nationales sanctionnent les rejets directs d’eaux usées dans les lacs et les cours d’eau. Depuis 2006, les industriels doivent aussi déclarer leurs rejets dans un registre européen. Des contrôles locaux peuvent s’y ajouter.
- Contre la pollution agricole : les agriculteurs doivent laisser des bandes de végétation le long des cours d’eau. Elles forment un filtre naturel qui retient une partie des pesticides et des engrais.
Ce que vous pouvez faire
- Si votre maison a une fosse septique, la faire entretenir régulièrement pour éviter que les eaux usées s’infiltrent dans le sol.
- Choisir des produits ménagers et des cosmétiques plus respectueux de l’environnement, repérables grâce à des labels comme l’Écolabel européen, Ecocert ou Nature & Progrès.
- Réduire la quantité de déchets que vous produisez.
💡 Le saviez-vous ? La loi « zéro phyto »
Depuis le 1er janvier 2017, la loi « zéro phyto » (dite loi Labbé) interdit à l’État, aux collectivités et aux établissements publics d’utiliser des produits phytosanitaires pour entretenir les espaces verts, les forêts et les promenades ouverts au public. Depuis 2019, les particuliers ne peuvent plus en acheter ni en utiliser dans leur jardin.
Il existe des méthodes plus douces pour éliminer les mauvaises herbes : le désherbage thermique (par la chaleur), le désherbage mécanique (à la main ou avec un outil), ou encore l’eau bouillante. Aucun produit chimique n’est utilisé, donc aucune pollution chimique n’est créée. Certaines villes ont même pris de l’avance : Bordeaux s’était fixé l’objectif « zéro phyto » dès 2009, et l’avait atteint en 2010 pour tous ses parcs et jardins publics.
Testez vos connaissances
Réfléchissez à votre réponse, puis cliquez sur la question pour vérifier.
1. Qu’est-ce que la pollution de l’eau ?
Une dégradation de la qualité de l’eau qui peut la rendre dangereuse pour l’être humain et pour la vie aquatique. Elle touche les eaux de surface (rivières, lacs, mer) comme les eaux souterraines.
2. Quels sont les trois types de pollution de l’eau ?
La pollution bactériologique, la pollution chimique et la pollution par les déchets.
3. Quelles sont les causes de la pollution de l’eau ?
Les activités domestiques (eaux usées, produits ménagers), industrielles, agricoles (pesticides, engrais) et le transport maritime (hydrocarbures), sans oublier les pollutions accidentelles.
4. Quelles sont les conséquences de la pollution de l’eau ?
Elles sont écologiques (milieux dégradés, espèces menacées), sanitaires (maladies) et économiques (pêche, conchyliculture, tourisme).
5. Comment réduire la pollution de l’eau ?
En combinant l’action collective (lois, stations d’épuration, bandes végétalisées, loi « zéro phyto ») et l’action individuelle (entretien des fosses septiques, produits écolabellisés, moins de déchets).
Glossaire
- Déchets organiques : déchets d’origine animale ou végétale.
- Écosystème : ensemble formé par un milieu et par toutes les espèces qui y vivent, s’y nourrissent et s’y reproduisent.
- Eutrophisation : déséquilibre d’un milieu aquatique qui reçoit trop de nutriments (azote, phosphore). Les algues prolifèrent, puis leur décomposition consomme l’oxygène de l’eau.
- Fosse septique : cuve qui reçoit les eaux usées d’une habitation non raccordée au réseau d’assainissement. Les matières solides s’y déposent et s’y décomposent.
- Fumier : mélange plus ou moins fermenté de litière et de déjections animales, utilisé comme engrais naturel.
- Nutriment : substance organique ou minérale directement assimilable par un être vivant (par exemple, par une algue).
- Pollution diffuse : pollution qui vient de nombreuses sources dispersées, difficile à localiser.
- Produits phytosanitaires : produits utilisés pour protéger ou soigner les plantes (pesticides, herbicides, fongicides…).
- Station d’épuration : installation qui nettoie les eaux usées avant de les rejeter dans la nature.














