Gels douche, gommages, shampoings, dentifrices : un grand nombre de cosmétiques et de produits présents dans nos salles de bain contiennent des milliers de petites billes de plastique. Ce sont les microbilles. Presque invisibles à l’œil nu, elles posent un problème bien réel pour l’océan et pour notre santé.

Des billes de plastique dans nos cosmétiques
Pendant de nombreuses années, des gommages, des gels douche et certains dentifrices contenaient de minuscules billes de plastique, appelées microbilles. Elles étaient ajoutées pour exfolier la peau ou pour donner de la texture au produit. Un seul tube pouvait en contenir plusieurs centaines de milliers. Publiée en 2017, cette infographie explique pourquoi ces particules représentent un danger pour le milieu marin.
De la salle de bain jusqu’à la mer
Une fois appliqués sur la peau ou les dents pour le dentifrice, les produits qui contiennent des microbilles ne restent pas en place : ils sont rincés à l’eau et partent avec elle dans les canalisations. C’est à ce moment que le problème commence. Les microbilles sont si petites que les stations d’épuration ne parviennent pas à les enlever du milieu.
Elles rejoignent alors les rivières, puis l’Océan, où elles s’ajoutent aux milliards de fragments de plastique déjà présents. Une fois dispersées dans l’eau, il devient impossible de les enlever.
Pour la faune marine, ces particules présentent plusieurs risques. Les animaux les avalent en les prenant pour de la nourriture. Leur surface fixe des polluants chimiques et peut héberger des bactéries, qui voyagent ainsi d’un milieu à l’autre. Les poissons contaminés entrent ensuite dans la chaîne alimentaire jusqu’à se retrouver dans nos assiettes?
Une réglementation qui a évolué
Depuis la publication de cette infographie, la loi a changé. En France, les cosmétiques rincés contenant des particules plastiques destinées à gommer ou à nettoyer sont interdits depuis le 1er janvier 2018. En 2023, l’Union européenne a adopté une restriction plus large, qui concerne les microplastiques ajoutés volontairement dans de nombreux produits.
D’autres sources de microplastiques demeurent toutefois. C’est le cas par exemple des fibres synthétiques libérées lors du lavage des vêtements, ou des granulés de plastique industriels perdus pendant leur transport.
Savoir lire une étiquette
Il reste utile de savoir reconnaître ces composants, en particulier pour des produits anciens ou achetés hors de l’Union européenne. Sur la liste des ingrédients, les noms à repérer sont le polyéthylène (PE), le polypropylène (PP) et le polyéthylène téréphtalate (PET). La présence de petits grains colorés dans un gel constitue également un indice.
Des alternatives naturelles existent, comme le sucre, le sel, le marc de café ou la poudre de noyaux d’abricot. Un gommage peut d’ailleurs être préparé simplement à partir de sucre et d’un peu d’huile végétale.
Sources
- Loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, article 124, Légifrance (interdiction des cosmétiques rincés à usage d’exfoliation ou de nettoyage contenant des particules plastiques solides, à partir du 1er janvier 2018).
- Décret n° 2017-291 du 6 mars 2017 relatif aux conditions de mise en œuvre de cette interdiction.
- Règlement (UE) 2023/2055 de la Commission du 25 septembre 2023 restreignant les microparticules de polymères synthétiques, en vigueur depuis le 17 octobre 2023. Texte : · présentation
- Surfrider Foundation Europe, infographie Les microbilles de plastique, 2017.













