« Septième continent de plastique » : vous avez sûrement déjà entendu ce terme… mais savez-vous vraiment de quoi il s’agit ?
⏱ Durée : 8 minutes · Niveau : collège / lycée
À la fin de ce cours, vous saurez :
- expliquer ce qu’est le « 7e continent » et pourquoi ce nom est trompeur ;
- situer les gyres océaniques où s’accumulent les déchets plastiques ;
- décrire ses conséquences sur la vie marine.
Qu’est-ce que le 7e continent ?
En 1997, l’océanographe américain Charles Moore fait une étrange découverte dans l’océan Pacifique : une immense étendue de déchets plastiques. On l’appelle aujourd’hui le « Great Pacific Garbage Patch » (la grande plaque de déchets du Pacifique) ou le « 7e continent ».

Un continent… qui n’en est pas un
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, on ne peut pas marcher dessus ! La plupart des déchets ne sont pas de gros objets (macrodéchets), mais des microplastiques.
Sous l’effet du soleil, de la houle et du vent, le plastique se fragmente en particules souvent invisibles à l’œil nu. Elles restent en suspension près de la surface et forment une véritable « soupe de plastique ».
« L’image d’un continent sert à sensibiliser le grand public, mais ne rend pas compte de la réalité. »
François Galgani, chercheur à l’Ifremer

📌 À retenir
- Le 7e continent est une immense zone de déchets plastiques découverte en 1997 dans le Pacifique.
- Ce n’est pas une île solide : c’est surtout une « soupe » de microplastiques.
Où se trouve le 7e continent ?
Le 7e continent se trouve dans le gyre du Pacifique Nord, entre Hawaï et la Californie.
Un gyre est un immense tourbillon d’eau formé par les courants marins de surface, eux-mêmes influencés par la rotation de la Terre. Ces courants tournent dans le sens des aiguilles d’une montre dans l’hémisphère Nord, et dans le sens inverse dans l’hémisphère Sud. Les déchets flottants y sont piégés et s’y accumulent.
Il existe 5 grands gyres sur Terre :
- deux dans l’océan Pacifique (Nord et Sud) ;
- deux dans l’océan Atlantique (Nord et Sud) ;
- un dans l’océan Indien.

Le même phénomène se produit dans les quatre autres gyres : on parle des « continents de plastique ». Le 7e continent est le plus grand d’entre eux.
Quelle est sa taille ?
3,43 millions de km²
Soit environ 6 fois la France, ou un tiers de l’Europe.
10 à 30 mètres
Sa profondeur moyenne est de 10 m, et atteint 30 m par endroits.
3,5 millions de tonnes
De déchets, selon certaines estimations : jusqu’à 6 fois plus de plastique que de plancton (en masse) dans certaines zones.
Ces chiffres varient beaucoup selon les études et les méthodes de mesure. En 2018, l’équipe de The Ocean Cleanup estimait par exemple sa surface à 1,6 million de km² (environ 3 fois la France) pour près de 80 000 tonnes de plastique.
💡 Le saviez-vous ?
- En 40 ans, la concentration de microplastiques dans le gyre du Pacifique Nord a été multipliée par 100 (étude de l’Université de Californie à San Diego, publiée dans la revue Biology Letters de la Royal Society en 2012).
- Contrairement à une idée reçue, le 7e continent est invisible depuis l’espace, même pour les satellites.
Quelles sont les conséquences sur la vie marine ?
Le 7e continent est une véritable catastrophe écologique. Le plastique entre peu à peu dans la chaîne alimentaire et perturbe tout l’écosystème. Ses impacts sont de trois types :
1. Ingestion et blessures
Les animaux avalent les déchets, qu’ils confondent avec de la nourriture, ou s’y emmêlent et se blessent.
2. Espèces qui voyagent
Les déchets flottants transportent des espèces loin de leur milieu d’origine, où elles peuvent devenir invasives.
3. Pollution chimique
Le plastique libère et concentre des polluants chimiques, qui se dispersent dans l’océan.

🔬 Zoom sur Halobates sericeus
Ce petit insecte marin, un « patineur des mers » parfois appelé araignée d’eau, pond ses œufs sur des objets flottants. Avec la multiplication des déchets plastiques, il dispose de bien plus de supports pour pondre, et ses œufs sont devenus beaucoup plus nombreux dans le gyre.
Bonne nouvelle pour les espèces qui le mangent ? Pas seulement : cet insecte est aussi un prédateur qui se nourrit de plancton et d’œufs de poissons. Sa prolifération appauvrit le milieu et perturbe l’écosystème.
👉 Pour aller plus loin : lire le cours Ocean Campus sur la pollution plastique et l’Océan
📌 À retenir
- Le plastique entre dans la chaîne alimentaire et blesse ou tue de nombreux animaux.
- Les déchets flottants déplacent des espèces et favorisent certaines au détriment d’autres.
- Ils dispersent aussi des polluants chimiques dans l’océan.
Testez vos connaissances
Réfléchissez à votre réponse, puis cliquez sur la question pour vérifier.
1. Qui a découvert le 7e continent, et en quelle année ?
L’océanographe américain Charles Moore, en 1997.
2. Peut-on marcher sur le 7e continent ?
Non ! Il est surtout composé de microplastiques en suspension dans l’eau : une « soupe de plastique », et non une île solide.
3. Qu’est-ce qu’un gyre, et combien en existe-t-il ?
Un immense tourbillon formé par les courants marins de surface. Il en existe 5 : deux dans le Pacifique, deux dans l’Atlantique et un dans l’océan Indien.
4. Pourquoi le plastique se transforme-t-il en microplastiques ?
Sous l’effet du soleil, de la houle et du vent, il se fragmente en particules de plus en plus petites.
5. Cite deux conséquences du 7e continent sur la vie marine.
Au choix : l’ingestion de déchets et les blessures, le transport d’espèces loin de leur milieu d’origine, la dispersion de polluants chimiques.
Glossaire
- Chaîne alimentaire : suite d’êtres vivants dans laquelle chacun mange celui qui le précède (par exemple : plancton → poisson → oiseau).
- Espèce invasive : espèce introduite hors de son milieu d’origine, qui s’y multiplie rapidement et nuit à l’écosystème.
- Gyre : immense tourbillon d’eau formé par les courants marins de surface, où s’accumulent les déchets flottants.
- Macrodéchet : déchet visible à l’œil nu (bouteille, filet, sac…).
- Microplastique : fragment de plastique de moins de 5 mm.
- Plancton : ensemble des organismes, souvent microscopiques, qui dérivent au gré des courants. Il est à la base de la chaîne alimentaire marine.
Pour aller plus loin
Sources
- Goldstein, Rosenberg et Cheng (2012), « Increased oceanic microplastic debris enhances oviposition in an endemic pelagic insect », Biology Letters (en anglais)
- Eriksen et al. (2014), « Plastic Pollution in the World’s Oceans », PLOS ONE (en anglais)
- Lebreton et al. (2018), « Evidence that the Great Pacific Garbage Patch is rapidly accumulating plastic », Scientific Reports (en anglais)














