Pratiques, légers, gratuits pendant longtemps : les sacs plastique font partie de notre quotidien. Utilisés en moyenne 20 minutes, ils peuvent pourtant persister des centaines d’années dans la nature, et beaucoup finissent dans l’Océan. Quels sont leurs impacts, et comment s’en passer ?

Dans ce cours
⏱ 10 min · Niveau débutant

À la fin de ce cours, vous saurez :

  • distinguer les différents types de sacs plastique et leurs limites ;
  • décrire le cycle de vie d’un sac plastique et ses impacts sur l’Océan ;
  • citer les lois et les alternatives qui permettent de réduire leur usage.
Sacs plastique fins et froissés de plusieurs couleurs : bleu, rouge, jaune, vert et blanc.
Des sacs plastique à usage unique.

Une invention récente

  • Fin des années 1950 : apparition des premiers sachets en plastique, sans poignées ;
  • 1965 : l’ingénieur suédois Sten Gustaf Thulin fait breveter le sac à poignées que nous connaissons aujourd’hui ;
  • Années 1970 : grâce à un procédé de fabrication peu coûteux, la production explose. Les commerçants les distribuent gratuitement, et le sac plastique devient incontournable grâce à sa légèreté et sa solidité.

Les sacs à usage unique sont généralement faits de polyéthylène, un plastique issu du pétrole.

Les différents types de sacs à usage unique

Il en existe plusieurs sortes, mais tous ont des effets négatifs sur l’environnement :

Type de sacCe qu’il faut savoir
En polyéthylèneLe sac plastique « classique ». Rarement recyclé, il est le plus souvent enfoui ou incinéré, ce qui émet des gaz à effet de serre.
OxodégradableIl contient des additifs qui le font se fragmenter en microplastiques. Il ne disparaît donc pas : il pollue de façon invisible. Il est interdit en France depuis 2017 et dans toute l’Union européenne depuis 2021.
BiodégradableIl se dégrade dans les installations de compostage industriel, mais pas, ou très lentement, dans la nature et en mer. Il doit être trié et collecté correctement.
BiosourcéIl est fabriqué en partie à partir de végétaux (amidon de maïs, canne à sucre…). Certains sont compostables, mais beaucoup contiennent encore du plastique issu du pétrole.

1 seconde

pour produire un sac plastique.

20 minutes

d’utilisation en moyenne.

Des centaines d’années

de pollution s’il finit dans la nature.

Au début des années 2010, environ 100 milliards de sacs plastique étaient utilisés chaque année dans l’Union européenne, soit près de 190 000 par minute. La plupart ne servaient qu’une fois, et la consommation variait beaucoup d’un pays à l’autre.

Très peu de ces sacs sont recyclés. Selon la Commission européenne, plus de 8 milliards de sacs finissaient chaque année abandonnés dans la nature en Europe. Légers, ils sont emportés par le vent et les rivières jusqu’à l’Océan, où ils resteront des siècles.

Du puits de pétrole à notre assiette, le cycle de vie d’un sac plastique ressemble à ceci :

  1. extraction du pétrole ;
  2. fabrication de granulés de plastique en usine ;
  3. production du sac ;
  4. utilisation pour faire ses courses ;
  5. abandon dans la nature ;
  6. transport par le vent et les rivières jusqu’à la mer ;
  7. fragmentation en microplastiques ;
  8. ingestion par les poissons ;
  9. pêche de ces poissons… qui finissent dans notre assiette.
Infographie « Cycle de vie du sac plastique, de la goutte de pétrole à votre assiette » : une suite de 12 pictogrammes reliés par une ligne, de la goutte de pétrole à l’usine, aux granulés, au sac, au caddie, au sac abandonné, au sac en mer, à sa fragmentation, au poisson qui l’avale, à la pêche et enfin à l’assiette.
Le cycle de vie du sac plastique, de la goutte de pétrole à votre assiette. © Surfrider Foundation Europe

📌 À retenir

  • Un sac plastique sert quelques minutes, mais peut polluer pendant des siècles.
  • Des milliards de sacs sont abandonnés chaque année dans la nature en Europe.
  • Fragmenté en microplastiques, le sac peut finir… dans notre assiette.

Les sacs plastique s’ajoutent à la longue liste des déchets plastiques qui envahissent l’Océan. Leurs impacts sont multiples :

  • ingestion par les animaux marins : les tortues, par exemple, les confondent avec des méduses ;
  • enchevêtrement et blessures ;
  • risques pour la santé humaine, par la consommation de poissons et fruits de mer contaminés ;
  • accumulation et dispersion de substances toxiques ;
  • transport d’espèces invasives, accrochées aux sacs qui dérivent ;
  • altération des écosystèmes, par exemple quand les sacs recouvrent les fonds marins.
Schéma « Impacts des déchets aquatiques » avec six pictogrammes autour d’un cercle central : 1. ingurgitation par les espèces marines, 2. enchevêtrement et blessures, 3. santé de l’homme, 4. accumulation et dispersion des substances toxiques, 5. transport des espèces invasives, 6. altération de l’écosystème.
Les impacts des déchets aquatiques. © Surfrider Foundation Europe

💡 Le saviez-vous ?
Selon une étude de la Fondation Ellen MacArthur (2016), si rien ne change, l’Océan pourrait contenir en 2050 plus de plastique que de poissons, en poids. Cette projection est discutée par les scientifiques, mais elle illustre l’ampleur du problème.

👉 Pour aller plus loin : lire le cours Ocean Campus sur la pollution plastique et l’Océan.

1. Interdire ou faire payer les sacs à usage unique

En 2015, une directive européenne a demandé aux États de l’Union européenne de réduire la consommation de sacs plastique légers, au choix :

  • en la limitant à 90 sacs par personne et par an fin 2019, puis à 40 sacs fin 2025 ;
  • ou en interdisant leur distribution gratuite à partir de fin 2018.

Plusieurs pays ont même choisi de les interdire. L’Italie l’a fait dès 2011. En France, les sacs de caisse à usage unique sont interdits depuis juillet 2016, et les sachets plastique pour les fruits et légumes depuis 2017 (sauf s’ils sont compostables à domicile et biosourcés).

Étal d’olives sur un marché, avec une pancarte « Plastic bag » barrée de la campagne Ban the Bag de Surfrider.
Un commerçant engagé dans la campagne « Ban the Bag ». © Surfrider Foundation Europe

2. Choisir des sacs réutilisables

C’est la meilleure solution. Mais tous les sacs ne se valent pas :

Type de sacAvantagesLimites
Biodégradable à usage uniqueSe composte en installation industrielleNe se dégrade pas dans la nature ; des ressources gaspillées pour quelques minutes d’usage
Papier jetableMoins polluant s’il est abandonné dans la natureDemande beaucoup de ressources, notamment d’eau, pour un usage très court
Plastique réutilisablePeut servir de nombreuses fois, puis être recycléPolluant s’il finit dans la nature
Tissu, panier, cabas, caddieLa solution la plus respectueuse de l’environnementSon impact dépend de sa fabrication : il faut l’utiliser longtemps pour qu’il soit rentable écologiquement
Affiche en deux parties : à gauche, un sac plastique rose froissé sur fond blanc, légendé « Usage unique » ; à droite, un sac en tissu blanc avec le logo « Plastic bag » barré, sur fond rose, légendé « Réutilisable ».
Usage unique ou réutilisable ? © Surfrider Foundation Europe

3. Réutiliser au maximum

Vous avez encore des sacs plastique chez vous ? Réutilisez-les le plus longtemps possible avant de les jeter dans la bonne poubelle.

4. Mobiliser les commerçants

Vous pouvez aussi proposer à vos commerçants de s’engager à ne plus distribuer de sacs plastique. Surfrider Foundation Europe a mené dans ce but la campagne « Ban the Bag », avec une charte d’engagement pour les commerçants.

📌 À retenir

  • L’Union européenne et la France ont fortement limité les sacs plastique à usage unique.
  • Les sacs « biodégradables » ou « oxodégradables » ne sont pas une bonne solution.
  • Le meilleur sac est celui que l’on réutilise : tissu, panier, cabas…

Réfléchissez à votre réponse, puis cliquez sur la question pour vérifier.

Combien de temps utilise-t-on un sac plastique en moyenne ?

Environ 20 minutes, alors qu’il peut persister des centaines d’années dans la nature.

Pourquoi un sac « oxodégradable » n’est-il pas une solution ?

Parce qu’il ne disparaît pas : il se fragmente en microplastiques, invisibles mais toujours polluants. Il est d’ailleurs interdit dans l’Union européenne depuis 2021.

Un sac « biodégradable » se dégrade-t-il dans la mer ?

Non, ou très lentement. Il se dégrade dans les conditions d’un compostage industriel, mais pas dans la nature.

Que demande la directive européenne de 2015 sur les sacs plastique ?

De réduire leur consommation à 40 sacs par personne et par an fin 2025, ou d’interdire leur distribution gratuite.

Quel est le sac le plus respectueux de l’environnement ?

Un sac réutilisable (tissu, panier, cabas…) utilisé le plus longtemps possible.

  • Compostage : transformation de déchets organiques en terreau (compost) par des micro-organismes.
  • Espèce invasive : espèce introduite hors de son milieu d’origine, qui s’y multiplie et perturbe l’écosystème local.
  • Microplastique : particule de plastique de moins de 5 mm.
  • Polyéthylène : plastique le plus courant, issu du pétrole, utilisé notamment pour les sacs et les emballages.