Il faut une seconde pour le fabriquer, on l’utilise vingt minutes en moyenne, et il met jusqu’à 400 ans à se décomposer. Le sac plastique à usage unique est le symbole d’une consommation jetable dont l’océan paie le prix. Avec sa campagne Ban the Bag, Surfrider Foundation Europe se mobilise pour le faire disparaître de notre quotidien.

ban the bag

87 milliards de sacs par an en Europe

Les volumes sont considérables. En Europe, on utilise 87 milliards de sacs plastique à usage unique par an, soit 175 sacs par personne en moyenne.

Cette moyenne cache de fortes différences d’un pays à l’autre. L’infographie compare la consommation annuelle par habitant dans quatre pays.

  • Portugal : 466 sacs
  • Italie : 181 sacs
  • France : 79 sacs
  • Allemagne : 64 sacs

Ces écarts montrent qu’il est possible d’en utiliser beaucoup moins sans bouleverser son quotidien.

En 2015, l’Union européenne a adopté une directive qui oblige les États membres à réduire leur consommation de sacs plastique à usage unique.

Le mirage du sac dégradable

Face à ces restrictions, de nombreuses alternatives au sac traditionnel ont vu le jour. Sont-elles vraiment meilleures ? L’infographie invite à la prudence.

  • Le sac biodégradable répond à une norme qui garantit sa dégradation dans des conditions industrielles, avec une température et une humidité contrôlées. Ces conditions n’existent pas dans la nature : abandonné, il ne se dégrade donc pas dans l’environnement.
  • Le sac oxo-dégradable contient des additifs chimiques qui favorisent sa fragmentation. Il ne disparaît pas : il se transforme plus vite en petits morceaux de plastique, que les poissons ingèrent.

Dans les deux cas, le mot « dégradable » rassure à tort et peut même encourager à jeter.

Impacts sur l’océan et solutions

Les conséquences pour l’environnement sont bien documentées. En 2010, 8 milliards de sacs plastique ont été jetés dans la nature en Europe. Légers, ils s’envolent facilement et rejoignent les cours d’eau, puis la mer. Tortues et oiseaux les confondent avec leurs proies ou s’y retrouvent piégés. Chaque année, un million d’oiseaux et 100 000 mammifères marins meurent à cause de la pollution plastique.

La solution tient en une phrase : le meilleur déchet est celui que l’on ne produit pas. Plutôt que de remplacer un sac jetable par un autre, il s’agit de réutiliser ses sacs.

Quelques réflexes suffisent. On peut garder un cabas ou un sac en tissu plié dans son sac à main, son sac à dos ou sa voiture, utiliser un panier ou un filet pour le marché, et refuser le sac proposé en caisse quand on n’en a pas besoin.

Stop aux sacs plastique jetables : réutilisons nos sacs ! Partagez cette infographie pour faire connaître le mouvement Ban the Bag.