On imagine souvent que les déchets qui polluent l’océan viennent des bateaux ou des plages. La réalité est différente : 80 % des déchets marins sont d’origine continentale. Jetés ou perdus à l’intérieur des terres, parfois à des centaines de kilomètres du littoral, ils sont emportés par la pluie et le vent jusqu’aux cours d’eau, qui les conduisent à la mer.

les fleuves premières sources de déchets

Du continent à l’océan : trois sources de pollution

Les chiffres donnent la mesure du phénomène. Le Danube rejette à lui seul 174 kilos de déchets par heure dans la mer Noire. La faune des rivières est touchée bien avant l’océan : 12 % des goujons étudiés avaient ingéré des microplastiques.

Ces déchets ne restent pas intacts. Sous l’effet du soleil et du courant, ils se fragmentent en microplastiques, impossibles à récupérer une fois dans l’eau.

Tout au long de leur parcours, les fleuves reçoivent trois grands types de pollution.

  • La pollution industrielle. Les causes sont multiples et s’additionnent : pertes et envols de matière plastique lors du transport ou du déchargement, abandon de déchets en décharge sauvage.
  • La pollution agricole. Les inondations lessivent les sols et entraînent dans les cours d’eau des sacs d’engrais et de semences, ou encore des bâches.
  • La pollution domestique. Les incivilités y contribuent fortement : cotons-tiges et objets sanitaires jetés dans les toilettes, poubelles renversées, déchets abandonnés sur place.

Ce que transporte une rivière : l’exemple de l’Adour

Pour savoir précisément ce que transporte une rivière, Surfrider Foundation Europe a mené le projet Riverine Input sur l’Adour. Les déchets collectés se répartissent ainsi.

Les emballages alimentaires arrivent en tête (36 %), devant les déchets sanitaires et médicaux (13 %), ceux du bâtiment, des travaux publics et de l’industrie (12 %), l’agriculture (10 %), les produits de consommation courante (7 %), le tabagisme (6 %), puis la chasse et la pêche (4 %). Les 12 % restants sont d’origines diverses.

Plus d’un déchet sur trois est donc un emballage alimentaire : un objet utilisé quelques minutes, qui restera des années dans l’environnement.

Impacts et bons gestes

Les conséquences sont de trois ordres. Les animaux ingèrent les déchets, qu’ils confondent avec leur nourriture. Les plastiques dispersent des polluants chimiques dans l’eau. Enfin, ces substances contaminent la chaîne alimentaire, des plus petits organismes jusqu’aux poissons que nous consommons.

La bonne nouvelle, c’est qu’une pollution qui commence à terre peut être arrêtée à terre. L’infographie propose trois bons gestes.

  • Mieux consommer, en évitant les emballages.
  • Jeter ses déchets dans les lieux appropriés, et jamais dans les toilettes.
  • Signaler les dysfonctionnements : poubelle qui déborde, dépôt sauvage, rejet suspect dans un cours d’eau.

Protéger l’océan commence donc bien loin du rivage, dans nos rues, nos champs et nos salles de bain. Chaque déchet retenu à la source est un déchet qui n’atteindra jamais la mer.