Un déchet abandonné dans une station de ski, à plusieurs dizaines de kilomètres de la côte, peut finir sur le littoral. Il lui suffit d’être emporté par la pluie jusqu’à un ruisseau pour finir dans l’Océan. Ce trajet est celui de la majorité des déchets que l’on retrouve dans l’Océan : environ 80 % d’entre eux sont d’origine terrestre.

Des sources de pollution variées
Tout au long de leur parcours, les cours d’eau accumulent des déchets d’origines diverses. Certains proviennent de l’industrie comme des grannulés de plastique, d’autres viennent de l’agriculture, comme les bâches ou les sacs d’engrais emportés lors des crues. Une part importante est enfin liée à nos usages quotidiens, des poubelles renversées aux cotons-tiges que nous utilisons et qui sont ensuite jetés dans les toilettes.
Les quantités en jeu peuvent être considérables. Selon les données reprises dans l’infographie, le Danube par exemple rejetait à lui seul 174 kilogrammes de déchets par heure dans la mer Noire. La faune présente dans l’eau douce par exemple est touchée bien avant l’Océan. Une étude a ainsi montré que 12 % des goujons analysés avaient ingéré des microplastiques.
Ce que transporte une rivière : l’exemple de l’Adour
Afin de mieux connaître les déchets transportés par une rivière, Surfrider a mené le projet Riverine Input (projet aujourd’hui arrêté) sur l’Adour, dans le sud-ouest de la France. Les emballages alimentaires arrivent nettement en tête et représentent 36 % des déchets collectés. Ils sont suivis par les déchets sanitaires et médicaux (13 %), les déchets du bâtiment et de l’industrie (12 %) et ceux de l’agriculture (10 %). Viennent ensuite les produits de consommation courante, les mégots et le matériel de chasse et de pêche.
Plus d’un déchet sur trois est donc un emballage alimentaire, utilisé pendant quelques minutes seulement avant de finir dans le milieu naturel pour plusieurs décennies.
Agir en amont
Puisque cette pollution est d’origine terrestre, elle peut aussi y être limitée. Choisir des produits moins emballés, ne jeter aucun déchet dans les toilettes ou signaler un dépôt sauvage à proximité d’un cours d’eau sont autant de gestes qui contribuent à protéger l’Océan, même loin du littoral.
Sources
- Lechner A. et al., « The Danube so colourful: A potpourri of plastic litter outnumbers fish larvae in Europe’s second largest river », Environmental Pollution, 2014 (environ 4,2 tonnes de plastique par jour vers la mer Noire, soit environ 175 kg par heure).
- Sanchez W., Bender C., Porcher J.-M., « Wild gudgeons (Gobio gobio) from French rivers are contaminated by microplastics: Preliminary study and first evidence », Environmental Research, 2014 (12 % des goujons contaminés).
- Surfrider Foundation Europe, projet Riverine Input sur l’Adour (répartition des déchets collectés).













